Base Ovni France

Introduction

C'est un curieux concours de circonstances qui me fit soudainement m'intéresser à un phénomène vieux de quatorze ans pratiquement à sa date anniversaire. En effet au cours du mois de mars 2007 deux évènements importants eurent lieu dans le petit monde de l'ufologie française. Le premier se déroula le 4 mars 2007 quand M Nick Pope fut reçu à la soirée des repas ufologiques Parisiens. Le second intervint le 28 mars quand le GEIPAN commença la mise en ligne de ses dossiers. Ce sont ces deux évènements qui contribuèrent à me lancer sur la piste d'une vague d'observations peut-être aussi importante que celle du 5 novembre 1990 et qui en tous cas s'y apparente beaucoup.

En lisant sur le site des Repas ufologiques Parisiens le compte-rendu de l'intervention de Nick Pope, je découvris que ce dernier attachait une grande importance à la nuit du 30 au 31 mars 1993 ou eurent lieu des observations multiples dans le ciel du Royaume-Uni. Pour lui il était indéniable que cet événement même s'il était parasité par la rentrée atmosphérique d'une fusée russe représentait un événement OVNI majeur pour son pays. Le problème est que cette nuit là il y eut aussi un grand nombre d'observations en France et que les conclusions du SEPRA étaient sans équivoque : "Rentrée atmosphérique". Comment les deux messieurs OVNI officiels de ces deux pays pouvaient-ils être ainsi en désaccord complet ? Y avait-il des phénomènes de l'autre côté de la Manche qui n'avaient pas eu lieu sur notre territoire qui fassent ainsi pencher la balance ?

Je profitais de la mise en ligne des dossiers du GEIPAN pour essayer de retrouver le dossier français de cette nuit là. Surprise sur le site de cet organisme, même si l'année 1993 était largement divulguée, aucune trace de cette journée (nous verrons par la suite qu'en fait, il existait un seul rapport mis en ligne). La situation me parut incongrue, comment se faisait-il que rien n'apparaissait au GEIPAN sur cette vague d'observation. Surtout que la plus grosse partie des témoins d'après les quelques infos, en ma possession alors, étaient des gendarmes et que de plus, l'explication étant trouvée et connue, le directeur du SEPRA évoquait dans les journaux la possibilité de réaliser une étude sur la similitude des témoignages à partir de cet événement. Il n'en fallut pas plus pour m'inciter à comprendre la réalité de cette nuit là. En quelque temps je me rendis compte, tout d'abord que cet événement n'eut pas lieu dans le ciel des seuls Royaume-Uni et France mais aussi dans celui de l'Irlande, de l'Espagne, et possiblement de la Belgique et de l'Italie bien que pour l'instant je n'ai retrouvé que des évocations sans aucun compte-rendu. De plus d'autres observations eurent lieu en marge de cette nuit en Israël et aux Etats-Unis mais aussi en France. Au final je retrouvais la trace de pratiquement une centaine de témoignages répertoriés, je pus grâce à l'amabilité de deux ufologues et à la mise à disposition du rapport complet côté Anglais en retrouver à peu près 80, ce qui est assez important pour se faire une idée du phénomène qui se passa cette nuit là.


En bleu les observations, en blanc le passage de la rentrée.(source Google Earth)

Alors restait à savoir, rentrée atmosphérique uniquement ou phénomène OVNI parasitant cette dernière ? Je n'allais pas être au bout de mes surprises.

La première chose que j'entrepris fut de retrouver les données de cette rentrée atmosphérique. L'objet qui pénétra cette nuit là dans l'atmosphère terrestre était le deuxième étage d'une fusée Tsyklon-2. L'engin avait été lancé dans la journée du 30 mars 1993 vers midi. Sa forme était bien sur cylindrique d'un poids de 4200 kg d'une longueur de 9 mètres pour un diamètre de 3 mètres. Ses numéros d'identifications auprès du NORAD sont 1993-18 B [22586]. De là je pus me procurer les données TLE de suivi par cet organisme qui pouvaient me permettre de reproduire grâce à un logiciel d'orbitographie la trajectoire de cet objet. A noter au passage que cette trajectoire correspond pratiquement à celle qui avait été calculée sur la base des seuls témoignages dans le LDLN n 317 par Joël Mesnard.


Trajectoire de la rentrée atmosphérique du 31 mars 1993 avec sa progression horaire.

Autre vérification qui s'imposait qu'elles étaient les conditions de nébulosité sur l'Europe. Une visite rapide aux archives d'images satellite, permettait de se faire une idée. Le ciel d'Irlande était dégagé, ainsi qu'une partie du Royaume-Uni. Une écharpe de nuage recouvrait la manche, le Sud-est de l'Angleterre, la Bretagne, la Normandie, le Nord et la Champagne. La région parisienne bénéficiait d'une éclaircie et le reste du pays était largement découvert.


Images Météosat en infra-rouge des nuages au-dessus de l'Europe (ajouter une heure pour avoir l'heure française)©Météosat/Université de Dundee

Sur cette base il restait à vérifier les témoignages pour voir s'ils pouvaient correspondre à cette rentrée atmosphérique. Première surprise, sur le Royaume-Uni, la France et l'Espagne, si une grosse partie des témoignages correspondaient bien au créneau horaire, il en existait d'autres qui ne correspondaient pas à ce dernier, mais se rapportaient à des évènements s'étant passés avant la rentrée ou après cette dernière.

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